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Formation pro • débutant

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  1. La formation pro
    Présentation de la formation #F11
    6 parties
  2. Qu'est ce que la pole dance ?
    Les bases #F12
    3 parties
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    3 quiz
  3. Savoir être en public #F1B
    3 parties
    |
    3 quiz
  4. Méthode pédagogique #F1C
    8 parties
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    3 quiz
  5. Pédagogie
    Conseils pédagogiques pour le niveau initiation #F17
    1 partie
  6. Premières inversion #F25
    3 parties
  7. Pédagogie pour la chorégraphie #F26
    2 parties
  8. Pédagogie pour l’acrobatie #F27
    3 parties
  9. Aborder le spinning #F34
    2 parties
  10. Chorégraphie #F24
    2 parties
  11. Chorégraphie
    Acrobatiques, chorégraphie & fluidité #F37
    5 parties
  12. L’interprétation #F38
    4 parties
  13. Studio owner
    Monter son studio #F1E
    9 parties
leçon 6, partie 1
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Préparer, rassurer & guider #F251

Progression de la leçon
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Préparer le corps à la pole, premières inversion

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A partir du moment où l’on va commencer à se « mettre à l’envers », la préparation physique va prendre une autre dimension. Bien sûr, le travail sur des spins de plus en plus complexes va permettre de muscler efficacement les bras, mais aussi les épaules, le dos et la ceinture abdominale, ce qui aidera beaucoup les élèves à aborder les premières inversions. Cependant, on peut à ce niveau ajouter aux échauffements un peu de renforcement musculaire, sans toutefois fatiguer les élèves avant le véritable travail à la barre !

Attention cependant au piège de la logique du muscle : certains élèves qui ont du mal avec les figures, par appréhension ou par manque de coordination, se réfugient dans l’idée qu’ils manquent de force. Or, pour les mouvements des niveaux 1, 2 et même 3, il n’y a aucun besoin réel de force physique particulière. Bien sûr, plus on va travailler les figures, les exécuter souvent et les enchaîner, plus on va se renforcer et se dessiner, mais on n’a pas besoin d’être déjà bien musclé pour réussir simplement à les faire de façon isolée. Ce qui signifie qu’en proposant dès le niveau 2 un travail musculaire relativement important, vous entretenez les élèves dans l’illusion que « le jour où ils seront bien musclés, ils y arriveront », alors que le problème, 9 fois sur 10, est ailleurs.

On se met souvent soi-même des limites, qui n’existent en fait que dans notre tête : « je n’ai rien dans les bras… » et autres affirmations de ce type sont généralement des mythes personnels. Car porter son propre poids pendant les quelques petites secondes nécessaires aux figures des 3 premiers niveaux est, si l’on y réfléchit, bien plus facile que de porter 8 ou 12 kilos de courses jusqu’à chez soi (sans parler des escaliers !) Bref, si on veut faire plaisir aux élèves en leur proposant un peu de musculation, je conseille d’abord le travail du gainage, qui leur sera bien utile immédiatement, leur donnera un sentiment de solidité et les préparera en amont aux équilibres. Enfin, ces exercices leur donneront en plus la satisfaction d’avoir une taille et un ventre plus dessinés. 

La dernière raison pour laquelle je choisis de ne pas faire faire trop de musculation aux élèves de niveau 2, et la principale, est que tous les mouvements de pole dance, même les plus simples, sollicitent énormément tous les muscles du corps, et sont déjà des exercices de musculation en eux-mêmes. C’est bien pour ça que même les gens qui n’aiment pas faire du sport d’entretien aiment souvent cette discipline : parce qu’elle leur permet de se tonifier sans le côté répétitif et un peu vain de la musculation classique, grâce aux aspects ludique et artistique ! (Ce n’est pas pour rien non plus que dans beaucoup de pays la pole dance est plus connue sous le nom de pole fitness…) De plus, chez Pole Dance Paris, nous avons construit la progression des niveaux de sorte que les figures de chacun de ces niveaux préparent le corps pour celles du niveau suivant. 

L’assouplissement plus profond sera en revanche indispensable, car la raideur bloque énormément pour l’acrobatie, et pas seulement pour les figures qui demandent beaucoup d’ampleur. En effet, une personne raide aura beaucoup plus peur du vide et de l’inversion que quelqu’un de souple. Quand on est raide, on le sait, on le sent. Par conséquent, on sait aussi, même inconsciemment, que l’on aura plus de mal à s’accrocher avec une jambe à la barre si l’on glisse, par exemple. On sent aussi que l’on sera maladroit en cas de chute, et que la réception au sol sera probablement plus brutale que pour une personne souple, qui pourra bien plus facilement « retomber sur ses pattes ».

Une personne souple aura des réflexes plus rapides, et son retour au sol sera toujours plus aisé. Quelqu’un de raide aura en plus tendance à se contracter davantage s’il se sent en danger, et il pourra se faire mal au dos, notamment, même sans tomber, juste à cause d’une mauvaise contracture. D’ailleurs, tout le monde le sait : bien retomber, c’est retomber en souplesse… Donc, en dehors de toute considération esthétique, un élève qui se sent plus souple aura davantage confiance en lui pour tout ce qui est aérien. Il osera plus volontiers essayer de nouvelles figures, et aura réellement moins de risques de se blesser. 

Et, bien sûr, comme l’assouplissement demande un peu de temps pour être vraiment effectif, il vaut mieux commencer le plus tôt possible, car au moment où les élèves auront absolument besoin de souplesse pour exécuter certaines figures, qui ne ressemblent à rien autrement, il sera trop tard pour s’y mettre ! En commençant dès le début du niveau 2, vous gagnerez beaucoup de temps par la suite.

Le fait de s’inverser n’est pas simplement un travail musculaire, il s’agit en fait davantage de créer une certaine forme de déséquilibre, qui va permettre de passer de la position verticale « normale » (tête en haut et pieds sur le sol) à une position « tête en bas » de façon fluide, avec un minimum d’effort. Ce balancement demande à l’élève de combattre d’abord une appréhension bien naturelle, la peur du vide. Cette crainte de la chute est responsable de bien des obstacles en pole dance, et il faut savoir la reconnaître, pour mieux la contourner tout en dédramatisant la situation.

C’est une peur tout ce qu’il y de plus normal, l’homme n’étant ni un oiseau ni un singe, sans parler du fait de tournoyer, qui n’est naturel à pratiquement aucune espèce, du moins à ma connaissance ! Il est essentiel d’enseigner les inversions point par point, sans brûler les étapes. Trop d’écoles de pole dance apprennent encore aux élèves à balancer les jambes en l’air n’importe comment, et à sauter pour s’inverser. Non seulement le résultat n’a rien de fluide ni d’esthétique, mais on risque de cette façon de se faire rapidement  très mal au dos. De plus, c’est une méthode perdante à moyen terme, puisqu’il sera impossible de l’utiliser en haut de la barre, et que le résultat sera catastrophique en spinning. De plus, le corps, en n’utilisant pas la bonne technique du mouvement, ne travaillera pas correctement, et ne se renforcera donc pas pour la suite !